Maquillage

Pourquoi nous maquillons nous?

Le maquillage est une manière de prendre notre vie en main

Plus qu’un plaisir, notre maquillage nous définit dans notre rapport aux autres et à nous-même. En nous permettant de nous faire accepter ou de nous préserver, de valoriser notre image ou de nous créer un nouveau caractère, il contribue – généralement – à notre équilibre.

Pourquoi nous maquillons-nous?

Le maquillage est un moyen d’influer sur l’image que nous avons de nous-même. Quand nous nous trouvons trop pâle, ou simplement pas aussi belle que nous l’aimerions, le maquillage nous permet de rectifier cette image qui ne nous convient pas tout à fait. Au-delà du simple plaisir, le maquillage est donc un outil pour nourrir une image toujours meilleure de nous-même. Il est, en quelque sorte, un auxiliaire de notre narcissisme.

Au-delà de notre propre regard, le maquillage est-il aussi une manière de changer la manière dont les autres nous perçoivent ?

En effet, en modifiant ce qui, dans nos traits, nous paraît modifiable, ce qui est visible par les autres, le maquillage nous permet d’exercer, aussi activement que possible, un contrôle sur la représentation que nous donnons de nous. En nous maquillant, nous cherchons toutes à ne pas être vues naturellement, mais sous un certain mode, celui que nous avons choisi. Le maquillage est alors aussi un moyen de  séduire, de se faire accepter, de rentrer dans le corps social.

Pourquoi cherchons-nous, avec le maquillage, à cacher le naturel ?

Pour la simple raison que le naturel relève, pour la plupart d’entre nous, de l’intime. C’est cette image que nous choisissons généralement de dévoiler en famille, contrairement aux moments où nous sommes confrontées à l’extérieur. Le maquillage est un instrument de mise à distance, de protection autant que de séduction. c’est pourquoi nous rencontrons parfois de grandes timides maquillées à outrance.

Peut-on dire que nous nous maquillons essentiellement pour les autres ?

Non, je pense que nous nous maquillons autant pour les autres que pour nous-même. Le maquillage est souvent un outil pour pallier ce que l’on sent être ses insuffisances. Il nous donne l’impression que nous sommes en prise avec la réalité, que nous pouvons jouer quelque chose, que nous sommes actives.

Comment le maquillage nous permet-il d’être en prise avec la réalité? Est-ce le geste, le rituel que nous mettons en place qui joue ce rôle?

Le maquillage participe à notre quotidienneté. Il est vrai que nous avons tous nos petits rituels : nous nous levons, nous nous brossons les dents, nous déjeunons, nous nous maquillons. A mes yeux, ce cérémonial est le pendant féminin du rasage de nos hommes : il nous permet, tous les jours, de nous occuper de notre visage, pendant un certain temps. Le maquillage est alors un geste rassurant, mais aussi un geste qui nous permet aussi de ne pas subir les choses passivement, d’avoir une sensation d’activité. Nous nous en rendons peu compte, mais ce réflexe est une manière de prendre sa vie en main.

D’ailleurs, certaines femmes conservent le même maquillage pendant des années, à l’image des traits de khôl très prononcés, que l’on voyait déjà il y a plus de 25 ans. Loin de représenter une certaine nostalgie, ce geste constitue un arrêt sur image. On se maquille comme on s’est toujours maquillée, peut-être pour conserver une certaine forme de stabilité.

A chaque saison, les tendances cosmétiques nous offrent de bouleverser ces rituels, avec de nouveaux maquillages. Qu’est-ce que ces changements impliquent pour nous ?

A l’image d’une coloration ou d’une coupe de cheveux, changer de maquillage nous permet aussi d’évoluer à peu de frais. La stabilité peut être endormante, tandis que le changement influe positivement sur notre quotidien, notre libido. En parallèle, suivre une mode, notamment de maquillage, est aussi une manière de “s’uniformiser” de se faire accepter par les autres.

Comment trouver, dans ce contexte, un équilibre entre l’image que l’on a de soi, et celle que l’on veut transmettre aux autres ?

Les deux ne sont pas incompatibles. Suivre une mode, quelle qu’elle soit, ne remet pas en question l’image que l’on a de soi. Aujourd’hui, vous adoptez un maquillage ; demain ce sera un pantalon ou une jupe courte. Ce changement constitue juste une adaptation au mouvement de la vie sociale. En matière de maquillage, la question à se poser est plutôt la suivante : se maquille-t-on plus pour s’uniformiser ou pour se donner une personnalité spécifique ?

La manière dont nous nous maquillons et plus particulièrement l’attention que nous portons à nos yeux ou notre bouche peut-elle être révélatrice de qui nous sommes ?

Je ne suis pas certaine que l’on puisse y voir une symbolique forte dans des lèvres très maquillées ou un regard charbonneux. Par contre, notre tendance à nous maquiller plus spécifiquement les yeux, la bouche ou le teint correspond à une envie de nous rendre belle au regard des autres.

Nous nous faisons une idée de nous-mêmes, de ce qui plaît aux autres que nous essayons de traduire dans ce maquillage. Mais rien ne garantit que cette idée correspond vraiment à la réalité de l’autre : peut-être pensez-vous que la personne que vous croisez est obsédée par vos jambes, alors qu’il n’a d’yeux que pour votre regard…

Est-ce que le maquillage peut nous empêcher d’être nous-même, notamment quand il nous est impossible de ne pas en porter ?

Chez certaines personnes, le maquillage peut servir à couvrir certaines douleurs, certaines souffrances. Confrontées à une image qui ne leur plait pas, elles développent une espèce d’horreur du naturel, comme si leur seule réalité était l’artifice. On ne peut pas dire que le maquillage les empêche d’être elles-mêmes. Au contraire, ce n’est que grimées de vert, de bleu ou de rouge, qu’elles se sentent en phase avec ce qu’elles sont. C’est alors peut-être un travail sur l’image de soi qui peut être utile.

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